Doutes

Ces derniers temps, au travers de mes billets, j'affirme souvent mon attachement à la raison et à la libre-pensée, et, par extension, mon refus des croyances dogmatiques et des superstitions, aliénantes par définition, tant intellectuellement que dans la relation à autrui.

Ce besoin de compréhension et de causalité adéïque ('tain, je me déchire en néologisme, moi ^^), ça fait longtemps qu'il est mien. 

(Il est d'ailleurs certainement plus le fruit d'une expérimentation de la vie libre d'a priori dogmatiques servis par un cathéchèse et de superstitions nébuleuso-chrétienne qui auraient pu être ressassées par une bien-pensanse familiale que d'un bourrage de crâne laïquo-anticlérical de base.)

J'ai un vieux souvenir d'enfant qui illustre cet ancrage dans le rapport de cause à effet.

Vers 7 ou 8 ans, je découvrais les Tintins d'Hergé, qui contrairement aux contes, se fondent sur le réel pour dérouler le fil de l'histoire.

Dans "Tintin au Tibet", le Capitaine Haddock, ivre, poursuit des bandits sur une pente enneigée. Il trébuche, part en roulade, et se transforme en boule de neige qui grossit grossit. Il entraine dans sa chute les méchants qui se bouledeneigent aussi.

Finalement, la pente s'ouvrant sur un ravin, toutes les boules de neige sauf une tombent dans ce ravin. Celle qui n'est pas tombée grace à un rocher solitaire qui a interrompu sa course à quelques mètres du gouffre contenait le Capitaine Haddock.

Tintin se fait alors la réflexion suivante (ou à peu près) : "Décidément, il y a un dieu pour les ivrognes"

Du haut de mes huit ans, je n'ai jamais compris cette phrase : dans mon monde du réel, il n'y a que la chance qui existe, pas la protection divine, que le oui ou le non, pas le oui-mais-non-finalement. En d'autres termes, c'était certes aussi bien que le Capitaine soit sauf (parce que je l'ai toujours bien aimé, le Capitaine), mais s'il était tombé, la cause intiale aurait été la bétise engendrée par l'alcool, pas un désintérêt ou une ire divine.

Je constate d'ailleurs qu'à l'époque, même le concept de deux ex machina me restait difficile à appréhender.

 

Et pourtant ...

 

Et pourtant, alors que ça faisait une semaine, voir plus, que la plateforme de mi-blog était bien kaputt, qu'un peu échaudé par l'expérience JeunZ, j'avais renoncé à l'idée de revoir mon blog, qu'en l'absence de sauvegarde depuis janvier, j'envisageais, un peu découragé,de laisser tomber le blogage, alors, donc, que plus aucun espoir ne subsistait, voilà que, non-seulement, mon blog réapparait mais, en plus, avec TOUS les billets ...

 

Ok, ok, mea culpa : il doit y avoir un dieu pour les bloggueurs qui négligent leurs sauvegardes ...

 

(Le deus ex machina de ma vie bloguesque explique ici ce qui s'est passé, et a un chouette geste en supprimant la pub sur les blogs jusqu'à nouvel ordre :) )

 

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