Le ponçage m'irrite ...

(il fait rien qu'à m'énerver)

Suite de mes aventures passionnantes dans l'apprentissage sur le tas de la rénovation des murs.

Lors du dernier épisode, je vous ais tenu en haleine avec la pose de l'enduit ... aujourd'hui, tenez-vous bien, il m'a fallu le poncer.

En effet, il s'avère que quelque soit la délicatesse et le soin que vous apportez à la pose de l'enduit, votre couteau/spatule/lisseuse tient à laisser une trace de son passage (prétentieuse, va ...), et ce, en relief. Si vous essayez de l'enlever de suite, alors que l'enduit n'est pas sec, vous retirez essentiellement ce qui est autour de la trace, à savoir, le travail à peu près potable.

Il vous faut donc attendre la déshydratation de la chose, avant de vous avancer, l'air de rien, vers le défaut et de lui sauter sur le poil soudainement, armé de tout outil de ponçage adéquat (mon arme ultime est une cale de ponçage équipée d'un grain 80)(je déconseille le grain 50 ... après, vous êtes obligé de tout retirer et de tout refaire).

Ah oui, j'allais oublier : il vous faut aussi des muscles dans les bras, dans le dos, et en fin de journée, dans les jambes, car les bras ne parviennent plus à réaliser les mouvements de translation.
Comme généralement quand je bricole, j'ai été vite rassuré sur l'excellence de mes parents qui, lorsqu'ils m'ont conçu, ont pensé à me doter de tous les trucs qui vont bien, y compris des muscles que je ne savais même pas posséder jusqu'à ce qu'ils se signalent à mon attention en envoyant d'impérieux message à mon système nerveux, m'amenant à tenir un monologue qui, s'il fut entendu par d'inopinés passants (et je ne parle pas de passants eunuques) passant (ben oui, c'est normal) sous mon "was ist das" (oui, le terme est allemand), ne put que leur apporter une vision plus joyeuse de la vie vu la portée philosophique des propos que je tenais alors : "aïlle ...","bordel ...","fait iéch", "putain, j'en ai marre ...", "aïlle ..." ... et j'en passe.
En fait, c'est dans ce genre de situation que l'on regrette qu'une pièce d'habitation soit essentiellement définie par l'existence de quatre murs : aujourd'hui, je me serais contenté d'un seul ...

Je suis toutefois parvenu à vaincre bravement ces méchantsvilainpasbô reliefs, non sans perdre, il est vrai, dans la bataille, une bonne dizaine de litres d'eau diligemment écacués par toutes mes glandes sudoripares (j'ai d'ailleurs appris aujourd'hui que j'en avais (des glandes sudoripares) sur les rotules ... et vous ?) et une partie de ma dignité vu le kilo de poussière blanche affectueusement collée à mon corps d'athlète grâce à la sus-évoquée sécrétion glandulaire.

Après avoir utilisé le reste de ma dignité à fêter cette victoire en m'effondrant sur le sol le plus proche, j'ai contemplé d'un oeil humide mon travail.
Oui, mon oeil était humide, parce que s'il n'y avait plus de méchantsvilainpasbô reliefs sur mes murs, leur absence mettait bien en évidence toutes les petites dépressions aguicheuses qui se faisaient un plaisir d'accrocher la lumière qui n'a vraiment que ça à foutre de venir se balader dans ma salle à manger en plein jour, rien que pour m'énerver.
On a beau savoir que c'est normal, ça agace.
Mais bon, ça va, je n'ai pas pleurer longtemps. A peine une demi-heure.

Je vous passe le rangement de la pièce (et à moi aussi, par la même occasion), c'était facile et reposant, à part les quatre bidons de soixante litres et ma poulaide noire de cent litres qui me servent à stocker les gravats. Je vous mentirai si je vous disais qu'ils étaient pleins de platre et de brique à ras-bord. Non, juste au deux-tiers.
Bref.
Après avoir aspiré murs et plafond, j'ai donc passé le reste de ma soirée un couteau à la main à traquer les dépressions abhorrées, et à les remplir impitoyablement d'enduit frais, histoire de leur apprendre à vivre.
C'est minutieux, long, mais au bout du compte, pas désagréable, sauf quand une petite surface d'enduit sec fait le malin en se décidant à vivre sa vie ailleurs que sur le mur et en laissant dans celui-ci un trou ...

Donc, voilà, c'est fini.

Et ben, ça a plutôt de la gueule. Je ne suis pas homme (attendez, il y a une suite à cette phrase !) à me jeter des fleurs, mais là, ben, quand même, quoi.
Ca a plutôt de la gueule.

OK, donc, demain, j'attaque la peinture. Murs, plafond, moulure.
Entre nous, c'est pas gagné. Les derniers plafonds dont je me suis occupé ont engagé des poursuites contre moi.
Je crois même que le premier à mis un contrat sur ma tête (en même temps, je l'avais mérité, hé ...).

Aller, dernière ligne droite. Je suis presque dans les délais que je me suis fixés. C'est un pas-trop-de-retard qui devrait se rattraper facilement.
Et P'tit coeur aura sa belle maison pour son anniversaire.

Commentaires

1. Le jeudi, août 24 2006, 07:41 par sandokan

hé bé, on se retrouve devant un bon cours de bricolage ici, tu peux ouvrir une ecole par la suite lol ;-)

2. Le jeudi, août 24 2006, 08:26 par eguemarine

Je sais maintenant pourquoi tu avais disparu, tu t'es fait greffé deux mains droites :-D

3. Le jeudi, août 24 2006, 09:02 par Khaos Farbauti Ibn Oblivion

Voilà qui donne envie de faire sa maison en bon vieux bois raisonnable...Bon va falloir que je devienne encore plus riche histoire de refiler le boulot à quelqu'un d'autre le jour venu ;)

4. Le jeudi, août 24 2006, 09:18 par solita

Ah lala, rotules humides, poudre blanche sur tout le corps, ya pas que toi qui a dû perdre des litres d'eau.... Madame... mais non j'ai pas les idées mal placées, je parlais de larmes, de rire....

5. Le jeudi, août 24 2006, 09:42 par KannTo

Sando > cours de bricolage ... mouais, sauf qu'il faut plus repérer ce qu'il ne faut pas faire que de chercher des conseils éclairés :-)

Egue > si ça pouvait être vrai *soupir* (en plus, si c'était le cas, j'aurais opté pour deux mains ... supplémentaires :-) )(ç'aurait été cool pour la guitare aussi :-D )

Khaos > tut tut ... le "bon vieux bois raisonnable" l'est toujours moins qu'on ne l'imagine : le décapage et le ponçage ne sont pas une synécure (et pour le coup, je sais de quoi je parle) :-) Ceci dit, le fait de réaliser ces travaux a, comment dis-tu ? ... une forte valeur ajoutée :-D

Solita > bien heureux de t'avoir fait rire :-D (bon, je vais remettre ma jupe, moi ...)

6. Le jeudi, août 24 2006, 09:42 par tsuki_c

quel courage ! rien que de lire ça j'en suis toute épuisée !!!

bon c'est pas tout ça mais je vais me la jouer saint machin qui croit que ce qu'il voit... toute ta sueur mérite bien une photo de la finalité pour nous permettre de t'envoyer des fleurs ;-)

7. Le samedi, août 26 2006, 01:33 par arille

Ah oui remets ta jupe moi j'adore. Bon mais tu vas nous filer des complexes : super papa, misicien, bricoleur, assez déjanté pour se mettre en jupe, et puis quoi encore ?

8. Le dimanche, septembre 10 2006, 12:18 par KannTo

Tsuki_c > eh eh, pour la preuve, pourquoi pas ... mais vu le retard que j'ai pris pour répondre à ces gentils com', tout est déjà remis en place ... à voir :-)

Arille > Mais je suis toujours en jupe ! Sinon, toutes ces "qualités" sont pondérées par le fait que je suis un jeanfoutiste, un feignant, j'en passe et des meilleures, bref, un gros con (dixit, l'objet de ma passion). Voilà, donc pas de complexes ... :-)

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