Ah ben oui, quand même ...

Depuis une trentaine d'années, la saint-sylvestre est pour moi synonyme de retrouvaille avec les gens de la famille, de "communion" autour du renouveau calendaire avec mes contemporains (genre, c'est cool de penser à peu près tous la même chose au même moment) et de sentiment de renaissance, ou, pour le moins, de nouvelle chance : l'impression qu'on efface l'ardoise de nos manquements et qu'on est en mesure de ne plus les avoir, ces manquements (bonnes résolutions power).

Et puis, quand on éternue joyeusement un "Bonne année !" au nez du parent, de l'ami ou du collègue, ben finalement, on lui souhaite effectivement de les tenir ses bonnes résolutions.

Globalement, c'est gai, tout ça.

Cette année 2008, qui, mécaniquement, et sur un plan personnel, ne peut-être que meilleure que 2007, ne me fait absolument pas cet effet là. 

"Ben pourquoi ?" s'interroge le lecteur mystifié et tenu en haleine par cet habile teasing ...

Ben, parce qu'en 2007, les présidentielles ont vu l'élection d'un nouveau genre de dirigeant : cynique, menteur, fondant sa légitimité dans le temps sur la qualité de l'image médiatique qu'il renvoie et non sur la qualité citoyenne des mesures qu'il prend, vendu à une minorité qui entend ici conforter ses privilèges et creuser un peu plus le fossé qui la sépare du commun, qui inscrit plus son action dans la manipulation que dans la chose publique et qui, presque manifestement, a pour ambition d'éradiquer le peu de choses qui font que notre vie à nous, ceux du commun, a des bons cotés et qu'on peut penser à autre chose qu'à notre survie : la solidarité, avec la fin de la sécurité sociale, la sécurité de l'insertion avec la suppression du code du travail, la possibilité d'exprimer son désaccord avec cette même suppression de ce même code du travail, la tolérance entre confessions avec la fin de la laïcité ...

Je ne pense pas être exhaustif.

Et j'ai bien conscience que tout le négatif ne peut-être le fait d'un seul homme.
Toutefois, il incarne tellement la perte du pouvoir du peuple sur son propre destin et la subtilisation de ce pouvoir par la minoritée sus-évoquée que je cède sans vergogne à cette facilité

Alors bon, faut pas croire, je vous souhaite à tous, mes contemporains, une bonne année 2008.

Mais très sincèrement, c'est la première fois que mon "bonne année !" sonne, dans mon coeur et dans mon esprit, comme un "bon courage !" craintif et désabusé.


A tout le moins, je reprend en choeur les voeux de quelqu'une qui reste aussi révoltée. Je n'ai moi aussi qu'un seul voeu, cette année : l'unité.

Mais j'y crois de moins en moins.

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