Chaine à la con, première partie.

Il faut que je vous dise.

Je suis tombé dans un piège.

Une sournoiserie inventée par elle.

Et le piège, il est .

C'est bon, t'es tombé dedans, toi aussi ?
Ben avant de t'y coller (oui, tu vas t'y coller, parce que tu es foncièrement honnête, nanméo !), je te livre la première partie de cette chaîne à la con que je perpétue.

Et oui, ce n'est qu'une première partie parce que sinon, c'est indigeste.
Enfin, rassure-toi, il n'y aura qu'une seule suite, parce que là, je me suis claqué le synapse de l'inspiration et qu'il ne faut pas déconner non plus.


Votre plus belle gaffe :


Quand nous sommes arrivés dans notre joli nid d’amour tout pourri, nous avons constaté que l’espèce de grenier au dessus de notre chambre n’avait pas de plancher : les longerons et le placoplâtre étaient juste recouverts d’une épaisseur de laine de verre censée éviter les échanges thermiques.

Histoire de pouvoir utiliser ce volume pour stocker du bordel, j’ai pris mon courage dans mes deux mains gauches et me suis lancé dans ce qui représente peut-être mon premier contact avec le monde mystérieux du bricolage :

j’allais poser un plancher


(en aggloméré, mais un plancher quand même)
*tu connais un peu la BO de Star Wars ? Ben là, faut jouer dans ta tête « Duel of the fates », le thème qui accompagne le combat final de la Menace fantôme (le I), celui qui oppose Qui-Gon Jiin et Obiwan à Darth Maul …
...
Mais si ! Les chœurs, leur intensité dramatique qui fait contrepoint à la tension concentrée et un peu désespérée du duo de bois (je crois ) repris ensuite par les cuivres…
...
Mais si, ça (je te jure, hein, faut tout faire, ici !):


*

Bref, j’ai monté mes planches d’agglo, en ai délicatement posé une sur la laine de verre et j’ai très sérieusement mesuré la taille des clous qu’il me fallait, c'est-à-dire l’épaisseur maximale entre le futur-nouveau plancher et le plafond en dessous (euh, tu me suis, là, hein ? Attend, je te fais un dessin).

Plan_gaffe.JPG

*Annonce : le rédacteur (à ses heures perdues) de ce blog informe charitablement les quelques fous lisant ces pages qu'il n'acceptera qu'avec beaucoup de difficulté la moindre critique ou moquerie à l'égard de ce schéma, tant il est vrai qu'il est bien conscient de sa médiocrité, mais que MSpaint, c'est bien, mais en fait, non.*

Là, j’ai doctement demandé à Ma Blonde d’aller quérir une boite de clous de 110 (soit, pour les néophytes (ah ah ah <= rire suffisant), des clous de 11 cm), ce à quoi elle eut l’outrecuidance de me répondre : « euh … t’es sûr oO » (si si, avec le smiley pis tout)

Je l’ai regardée, l’air peiné, lui ai montré le mètre que je tenais à la main et qui indiquait encore 12 cm, et lui ait fait :
« Va, femme »
Evidemment, devant un tel argument, elle s’en fut, la mine penaude.

*Euh, en vrai, je ne lui ai pas dit : « Va, femme ».
Non, parce que le jour où je le lui dis sans rire, elle m’émascule et accroche mes attributs à la façade.
Pour l’exemple*


Elle s’en revint avec un kilo de clous (oui, parce que de cette taille là, c’est au kilo qu’ils les vendent) qu’elle me remis avec gravité (parce qu’un kilo de clous, c’est lourd)(arf).

Avec un air un peu suffisant, je dois l’admettre, j’ai pris la chose et suis monté dans le grenier, armé de mon marteau le plus lourd et d’une solide détermination à en finir au plus tôt.

Et le boulot a commencé : poser la plaque d’agglo, la positionner correctement, pointer le clou, lui asséner précisément et puissamment des coups de marteau, reprendre un clou, lui faire subir les mêmes sévices, et ainsi de suite, afin que la dite plaque d’agglo soit solidement fixée aux longerons.

J’ai ainsi officié sur une plaque et demi lorsqu’à l’issue d’une victoire sans conteste sur le treizième clou (et ce n’est pas un effet de style : c’était effectivement le treizième), Ma Blonde profita du soudain silence pour m’interpeller du dessous :
« Dis … t’es entrain de faire quoi, là ?
- ben … je cloue les plaques d’agglo,
répondis-je, à la limite de la Lapalissade et un peu amusé que le boucan proféré par mon marteau effraie ainsi la faible femme qui sommeillait en ma dulcinée.
- Hum … tu peux venir deux secondes ?
- Ben pourquoi ?
- Viens, tu verras. »


Un peu agacé d’être ainsi interrompu dans mon élan magnifique pour ce qui ne pouvait manquer d’être que de féminines broutilles, je descendis de l’antre afin de ne pas contrarier la Némésis qui sommeillait aussi en Ma Blonde et, il faut bien le dire, parce que le sourire un peu dément que je percevais dans sa voix m’inquiétait un peu.

« Bon, alors ? fis-je sur un ton peu amène.
- regarde,
m’enjoigna-t-elle avec dans les yeux une flamme de la raison qui vacillait un peu. »

Je suivi du regard la direction qu’elle m’indiquait d’un doigt un peu tremblant et lorsque j’aperçus l’objet de son questionnement initial, il faut bien dire que j’eu une faiblesse.

Et pour cause.

Treize pointes de clous passaient fièrement au travers du plafond de notre chambre, sur un bon centimètre et demi. Le plafond était joyeusement déchiqueté là où les clous avaient émergé.

Après m’être remis du choc initial, j’ai cherché à comprendre pourquoi une telle chose avait pu se produire.
Ben en fait, j’ai juste omis de prendre en considération que la laine de verre, cette salope, allait s’écraser entre les longerons et le plancher en agglo.
Ben oui, c’est mou ce machin la.

Je crois que c’est là que j’ai compris que mon accession au statut de bricoleur allait se faire dans l’angoisse et la douleur.

En matière d’épilogue à cette navrante anecdote, je peux préciser que des clous de 60 furent finalement amplement suffisants et que ça n’est d'ailleurs qu’à partir du cinquantième que je parvins à ne plus descendre à chaque coup de marteau afin de vérifier que tout allait bien.
Oh, et puis après il a fallu reboucher les dégâts ; comme c’était aussi une première pour moi, notre plafond s’orne, encore aujourd’hui, de treize magnifiques bosses qu’on perçoit assez bien.

C’est con quand même, le plafond de notre chambre, c’était la seule chose dans la maison sur laquelle nous n’avions rien à faire …

Commentaires

1. Le mardi, décembre 30 2008, 15:26 par Zizanie

D'une, je suis soulagée de retrouver ton blog en un seul morceau.
De deux, après avoir lu ça, je ne suis plus du tout rongée par la culpabilité.

(En vrai, j'étais pas du tout rongée par la culpabilité.)

2. Le mardi, décembre 30 2008, 17:31 par KannTo

He he, mesquine va :)

Ah mais ... mais ... mais c'est le premier commentaire que tu laisses chez moi !

Allez louïa! Allez louïa !

3. Le mardi, décembre 30 2008, 20:46 par lemenhir

Mince c'est donc cela que l'on appelle un plancher flottant...

4. Le mardi, décembre 30 2008, 21:04 par Solita

La bricole est un moyen comme un autre de faire plaisir à sa blonde, pas toujours comme on le souhaitait mais.... mouahahaha ...
Pardon!

5. Le mercredi, décembre 31 2008, 10:34 par KannTo

Le Menhir > Mouahaha, j'aurais dis un plancher coulant, mais c'est bon aussi ^^

Solita > hum hum, je te raconte pas comment je lui ai fait plaisir ce coup là :/ .
Mais sinon, t'es qu'une moqueuse :D

6. Le samedi, janvier 3 2009, 13:45 par Dremm

Héhé bien joué ! :)

Enfin jdis ça, mais fort heureusement j'ai jamais eu à faire ce genre de bricole (à quoi ils serviraient, les hommes, sinon ? :| ), si j'avais dû faire ce genre de truc .... ... ah non, je préfère pas imaginer. Mon ego s'en porte mieux ainsi.

Bon sinon pif paf pouf, on est en 2009 alors bonne année cher monsieur, et tous mes souhaits de bonheur, de félicité, de réussite, de volupté, de béatitude, d'allégresse et de joie. (oui oui, tout ça. Mais bon, tu as 12 mois pour échelonner le tout)

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