Fou(toir)

Alors que le moteur est au point mort, que l’envie de faire quoique ce soit est inexistante, que la raison est encore là mais peine à porter le système, que le retard s’accumule de fait, que les ornières familiales et matrimoniales tracent un chemin sans surprise, que la force des mauvaises habitudes s’apparente à la gravité d’une géante gazeuse, que le diamant poli du souvenir alerte sur le manque, que la vie passe sans répit, que le temps ne fait rien à l’affaire, que la sclérose s’installe, que les projets s’amoncellent dans ton esprit et qu’ils y restent, que ta misanthropie saisonnière pointe le bout de son nez, que ton imposture intrinsèque te mine, que peu de choses ont encore un goût, que la fin du monde tant annoncée est là et que tout le monde s’en fout puisqu’elle n’a pas le panache d’une météorite, d’un alignement de planètes ou d’un super-volcan mais avance petit à petit par la grâce de l’absence de prise de conscience et d’efforts propres à ne serait-ce que la retarder ou du moins nous y préparer, que l’insignifiance de notre conscience te saute à la gueule tant que c’est assez, que les chimies de ton cerveau semblent prendre un malin plaisir à te voir voir tout en noir ( !), que les souffrances individuelles, dites et non-dites, te noient, que décidemment il est compliqué de rester bloqué à quinze ans quand les rides s’installent, les cheveux se font la malle et que tout le monde attend de toi d’être adulte et responsable (imposteur !), que tes actes battent ta conscience en brèche, que la seule pulsion à se faire entendre est celle qui te taraude pour que tu montes dans ta voiture et pour que tu roules, loin, ailleurs, longtemps, que la bêtise des abruti.e.s t’agresse quotidiennement de manière viscérale, que les défenses mises en place bon an mal an craquèlent et montrent de dangereux signes de fragilités, que ta lâcheté t’empêche d’envoyer valser toutes les causes de ton mal-être que tu t’échines à consigner ici, que tu t’enfonces dans un consumérisme bon teint, que tes passions sont très loin d’avoir la teinte rouge-vif qu’il sied pour mériter cette appellation, que décidemment encore la personne que tu es correspond si peu à celle que tu intellectualises, que tu ne trouves rien pour nourrir tes appétences, ni courage, ni volonté, quel meilleur moment, je vous le demande, pour n’en pas parler dans un billet de blog et de travailler l’art délicat et inutile des de la phrases sans point et sans intérêt ?


Et bien, voilà.

Vous allez bien ?
Oh oui, moi aussi.

Commentaires

1. Le jeudi, juillet 5 2018, 11:47 par LOA Sabrina

Pfouuu j'ai réussi à tout lire mais des petits sauts de paragraphe ne feraient pas de mal :D

2. Le vendredi, juillet 6 2018, 10:13 par KannTo

C'est très gentil d'avoir tout lu :) . Mais bon, des sauts de paragraphes dans une phrase ^^ ...

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