Bordel, donc ...

Fin juillet, un petit chat noir et blanc, un peu trop maigre, a choisi notre maison, et nous a choisi, nous.

Elle (car c'était une fille) est bien tombée, puisque les chats, on adore ça.

A la gamelle de notre grosse mèmère (qui soufflait tant qu'elle pouvait, mais c'était juste histoire de dire), elle s'est remplumée et nous avons appris à nous connaitre.

Caline, curieuse, joueuse, elle a vite pris sa place (une place de chat : calins, gratouilles, chapardage sur la table, dodo a n'en plus finir, jeux dès qu'un truc remue dans son champ de vision).

Ces derniers temps, aussi, elle venait squatter mes genoux dès que je m'installais à l'ordi ; très agréable (oui, parce que notre grosse mémère, elle est un peu psychotique sur les bords, alors, les calins ...).

Et puis il y a trois heures, alors que les gremlins rentraient de courtes vacances, elle a profité, à mon insu, de ce que la porte d'entrée était ouverte pendant qu'on rentrait les bagages pour exercer sa curiosité dehors, sur le trottoir, à coté de la route.

Et puis un gros con est passé à 90 km/h devant chez moi et a fauché mon chat sous mes yeux. Le choc a éclaté sa gueule et l'a énucléée. Elle est morte une minute plus tard.

J'ai un peu les boules, là ...

Les gremlins n'ont rien vu. P'tit Coeur l'a juste vue sortir et s'en inquiète encore fort. Je ment donc à ma fille comme un arracheur de dent, mais je ne sais pas faire autrement. Ce petit chat était à tout le monde, et d'abord à lui-même, mais elle se l'était appropriée. Donc, là, sans affirmer qu'il reviendra, je lui rappelle les mises en garde du début : de la même manière qu'elle nous avait choisis, elle pouvait repartir comme elle était venue ... Non, je ne sais pas faire autrement.

Voilà ... et puis là, je suis à l'ordinateur, et j'ai froid aux genoux ...

Ouais, fort les boules, quand même ...

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