Frayeur

Les gremlins sont rentrés dimanche soir, trouvant leurs parents dans un état proche de la liquéfaction (ponçage (argh), abattage de cheminée (aïeuuuhh) et nettoyage (saloperie de poussière)), harassés qu'ils étaient de la course contre la montre effrennée qu'ils avaient livrée dans un souci d'offrir à leur progéniture un habitat exempt de toute saleté consécutive à leurs pulsions de rénovation du "joli nid d'amour" ...


Harassés, mais contents, nous étions (comme dit mon pote Yoda). Et P'tit Coeur et P'tit Bout d'Acier l'étaient aussi, bien que fatigués, eux-aussi, ayant de leur côté subit l'irresponsabilité de leurs grands-parents qui ne les couchent pas aux horaires habituels, mais plus tard, après tout ce sont les vacances, ils ont bien le droit de profiter ces pauvres petits, mais oui, mais oui, même après un après-midi à la plage, où est le problème voyons, arrêtez de les surprotéger crènom ...

Le lundi a été plus qu'agréable : temps vraiment printannier (baie vitrée ouverte sur le "jardin", toutes fenêtres ouvertes), sérennité des gremlins, disponibilité de ma pomme et de Ma Blonde pour les jeux, les lectures, bref, que d'la balle ...
P'tit Coeur s'était mis en tête de faire une fête pour l'anniversaire de son poupon-doudou et ma ch'tite soeur a pu se libérer à l'improviste pour répondre à l'invitation de sa nièce.
Bonne soirée, bonne rigolade avec les gremlins, puis, quand même, le coucher, qui se passe sans problème (un peu plus tard que d'habitude, mais là, c'est pas pareil, c'est pas comme les grands-parents qui se permettent bien des choses, et puis si on ne peut plus profiter de ses enfants, où va-t-on, enfin, non mais ...)

Ouais, une bonne journée.

Sauf que dix minutes après le coucher, P'tit Coeur s'est levée, comme elle le fait souvent, pour un ch'tit pipi (qui n'en est pas un, faut pas me la raconter à moi, ça fait parti du rituel en ce moment).
Sauf que là, nous l'avons su quand nous avons entendu un énorme boum dans l'escalier, suivi des hurlement de ma petite chérie ...

Elle avait dévalé (comment ? sur le dos, sur le derrière, la tête en avant ?) l'escalier, de quasiment toute sa hauteur ...

Rien de grave. Une lèvre bien gonflée, le côté droit du visage fort rouge et un oeuf de pigeon sur le front ...
rien de grave, parce qu'elle n'est pas défigurée, parce qu'elle s'est mise à hurler tout de suite (donc pas d'évanouissement), parce qu'elle n'a pas de dents cassées, parce qu'elle marche droit, qu'elle compte les doigts de ma main, qu'elle tient l'équilibre sur une jambe et qu'elle suit mon doigt du regard ... parce qu'elle est vivante.
Mais à quoi ça tient, que ce soit grave ?
Je ne veux pas alimenter les statistiques, ou alors, si, mais dans leur lecture inversée, du bon côté de l'observation ... C'est égoïste, mais je m'en fout. Si vous lisez ces lignes, et que vous avez des enfants, vous savez bien de quoi je parle ; si vous n'en avez pas encore, vous comprendrez, lorsque vous prendrez conscience de la relation unique, forcemment fusionnelle que l'on a avec ses enfants ...

C'aurait pu être grave .. et je ne dors toujours pas ...

Et cette journée, alors, toujours aussi bien, au bout du compte ?

En tout cas, piqure de rappel : l'horreur peut survenir n'importe quand ...

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